Depuis sa création en 2019, les Bénévoles de l’Éducation aux Médias et à l’Information (BEMI) se sont engagés à sensibiliser et former les jeunes sur les enjeux des médias et de l’information. En misant sur la pensée critique et les outils technologiques, BEMI œuvre pour une société mieux informée et résiliente face à la désinformation. Découvrez comment cette organisation non lucrative se positionne comme un acteur clé de l’éducation aux médias en Côte d’Ivoire.
Pouvez-vous nous présenter Bénévoles de l’Éducation aux Médias et à l’Information (BEMI) et sa mission ?
Les Bénévoles de l’Education aux Médias et à l’Information (BEMI) est une Organisation à but non lucratif créée en 2019 spécialisée dans le domaine de l’Education aux Médias et à l’information (EMI) par la sensibilisation, l’apprentissage et la promotion des outils technologiques de lutte contre la désinformation. Nous mettons un accent particulier sur les jeunes en tant qu’acteurs principaux de la lutte contre la désinformation, de par leur potentiel à trouver des solutions innovantes et adaptées aux défis du 21èmesiècle au travers duquel se trouve la responsabilité de construire des cybercitoyen.ne.s
agissant pour une société bien informée et durable. Nos actions s’inscrivent dans le cadre de la cible 10 de l’objectif de développement durable 16 (garantir l’accès public à l’information), ainsi que la Stratégie opérationnelle de l’UNESCO pour
la jeunesse 2014 -2021 qui vise à impliquer les jeunes dans les actions mondiales comme principaux catalyseurs en faveur du développement et d’une paix durable. Notre mission est de construire des cybercitoyen(ne)s éclairé.e.s et responsables de demain par l’apprentissage, le développement de l’esprit critique et l’octroi d’outils modernes nécessaires à
un usage rationnel des médias et des canaux d’information.
Pourquoi est-il important de promouvoir l’éducation aux médias et à l’information aujourd’hui ?
Promouvoir l’éducation aux médias et à l’information est crucial aujourd’hui pour plusieurs raisons :
D’abord, cela permet le développement de la pensée critique car elle aide les individus à analyser et évaluer l’information, réduisant ainsi la propagation de la désinformation. Aussi, elle permet la protection contre la manipulation dans la mesure où elle apprend à reconnaître les biais, les fakes news et les tentatives de manipulation.
En outre, elle encourage une participation éclairée et responsable dans la société et la démocratie. Par ailleurs, elle renforce les compétences nécessaires pour naviguer efficacement dans le monde numérique. Notons également qu’elle permet de promouvoir des pratiques sécurisées pour protéger les données personnelles et éviter les cyberattaques.
Enfin, elle laisse libre court à la créativité et a l’expression car elle encourager la production de contenus responsables et créatifs.
Quelles sont les principales initiatives de BEMI pour sensibiliser la communauté aux dangers de la désinformation ?
Les principales initiatives de Bénévoles de l’EMI pour sensibiliser la communauté aux dangers de la désinformation incluent l’organisation d’ateliers pour enseigner la vérification des faits et la pensée critique ; des campagnes sur les réseaux sociaux a travers l’utilisation des plateformes pour diffuser des messages sur la désinformation et ses impacts ; des partenariats
avec des institutions (UNESCO, Ambassade de France en Côte d’Ivoire,…) pour intégrer l’éducation aux médias dans les programmes ; la création et distribution de guides et de supports d’apprentissage sur l’identification des fausses informations ainsi que des conférences et séminaires grâce à l’organisation d’événements pour discuter des enjeux liés à la désinformation avec des experts et le public.
Pouvez-vous partager quelques outils technologiques développés par votre organisation pour promouvoir l’éducation aux médias et à l’information ?
Pour le moment, nos outils technologiques promus et couramment utilisés pour promouvoir l’éducation aux médias et à l’information incluent des modules de formation en ligne grâce à des cours interactifs sur la vérification des faits et la pensée critique. Toutefois, nous avons en projet le développement d’applications mobiles pour détecter et signaler la désinformation, de plateformes de collaboration grâce à des outils pour partager des ressources et discuter des meilleures pratiques ainsi que des jeux éducatifs sérieux pour sensibiliser aux
dangers de la désinformation de manière ludique.
Comment BEMI collabore-t-elle avec d’autres institutions et organisations de jeunesse ?
Les Bénévoles de l’EMI collabore avec d’autres institutions et organisations de jeunesse en partageant de ressources pédagogiques et d’outils pour l’éducation aux médias ; en mettant en place des ateliers de formations pour maximiser l’impact ; en développant des projets collaboratifs visant à sensibiliser les jeunes aux dangers de la désinformation ; en créant de réseaux de soutien mutuel pour renforcer les initiatives locales ainsi qu’en organisant des événements et conférences grâce à la participation à des événements communs pour partager des expériences et des bonnes pratiques.
Par ailleurs, nous collaborons étroitement avec le Bureau UNESCO Abidjan, l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire, Canal France International, le Centre de Liaison d’Education aux Médias et a l’Information (CLEMI), le Club RFI, les ministères de la Communication, de la Transition Numérique ainsi que de l’Éducation Nationale, le Conseil Nationale des Jeunes de
Cote d’Ivoire ainsi que d’autres partenaires techniques et financiers sur divers projets et actions toujours dans le sens de la lutte contre la désinformation ainsi que la promotion de l’esprit
critique.









Quels types de projets BEMI accompagne-t-elle pour soutenir la lutte contre les fausses informations ?
Les Bénévoles de l’EMI accompagne divers types de projets pour soutenir la lutte contre les fausses informations, notamment des ateliers de formation au travers de sessions pour apprendre aux participants à identifier et vérifier les informations ; des campagnes de sensibilisation grâce à des initiatives sur les réseaux sociaux et dans les communautés pour informer sur les dangers des fausses nouvelles ; le développement de ressources éducatives au travers de la création de
guides et de supports pédagogiques pour éduquer sur la désinformation et la collaboration avec les médias grâce à des partenariats pour promouvoir un journalisme responsable et vérifié. Plus concrètement, nous avons eu a travaillé sur divers projets notamment le projet EMI TOUR qui a consisté en une tournée au sein des sept (07) universités publics de Cote d’Ivoire pour parler de lutte contre la désinformation, le projet de jumelage des initiatives francophones de lutte contre la désinformation avec une tournée au Burkina Faso, au Cameroun et en France, le projet YOUVERIFIY dont l’objectif majeur était de relever les défis apportés par la désinformation et d’aider les jeunes à développer à la fois des connaissances et un savoir-faire pour faire la différence au quotidien entre des images et des vidéos authentiques et manipulées.
De plus, nous sommes en train de travailler sur la mise en place de programmes scolaires : Intégration de l’éducation aux médias dans les curriculums scolaires.
Enfin, il est important de rappeler que nous travaillons présentement sur un projet dénommé DESINFOX JEUNESSE fin financé par CFI avec le soutien du CLEMI, du Club RFI et l’organisation camerounaise d’Éducation aux Médias (Eduk-Média) dont les objectifs sont de former à l’Éducation aux Médias et a l’Information 200 jeunes à l’action citoyenne afin qu’ils
contribuent à la lutte contre la désinformation et les discours de haine sur les réseaux sociaux et d’appuyer par la suite à la production et la diffusion dans les médias et sur les réseaux sociaux de dessins de presse traitant de la désinformation et des discours de haine. En somme, ces divers projets et actions de lutte contre la désinformation visent à renforcer les
efforts pour contrer la désinformation tout en contribuant à la construction d’un environnement
de navigation plus sûr et sécurisé.
Quels sont les principaux défis rencontrés par BEMI dans la réalisation de ses objectifs ?
Les principaux défis rencontrés par les Bénévoles de l’EMI dans la réalisation de ses objectifs incluent des ressources limitées qui se manifestent par la difficulté de financement pour étendre les initiatives. Aussi, par la difficulté à convaincre certaines personnes de l’importance de l’éducation aux médias. Par ailleurs, on note l’inégalité d’accès aux outils numériques pour
certains membres de la communauté. En outre, on note une désinformation persistante se traduisant par un Flux continu de fausses informations rendant la sensibilisation plus difficile et enfin, un engagement communautaire un peu faible se traduisant par une lenteur du maintien de l’engagement des jeunes et des institutions partenaires.
Quelles sont les opportunités à venir pour BEMI et comment envisagez-vous l’avenir de l’éducation aux médias et à l’information en Côte d’Ivoire ?
Les opportunités à venir pour BEMI incluent d’abord une expansion des partenariats à travers une collaboration accrue avec des organisations locales et internationales ; l’utilisation des technologies grâce à l’intégration de nouvelles technologies pour élargir l’accès à l’éducation aux médias et des programmes innovants au travers du développement de programmes interactifs et engageants pour les jeunes. Pour l’avenir de l’éducation aux médias et à l’information en Côte d’Ivoire on peut noter un renforcement des capacités grâce à une augmentation des formations pour améliorer les compétences en pensée critique. Aussi, une sensibilisation accrue des campagnes pour sensibiliser un plus large public aux dangers de la désinformation et enfin un soutien institutionnel grâce à une collaboration avec le gouvernement et les écoles pour intégrer
l’éducation aux médias dans le curriculum officiel.
Qu’est-ce qui vous motive personnellement dans votre rôle de Secrétaire Général de BEMI ?
Ma motivation vient principalement de plusieurs facteurs notamment l’impact social grâce à une contribution à la lutte contre la désinformation et le renforcement de la pensée critique au sein de la communauté. Il y a également l’éducation des jeunes au travers de l’aide des jeunes à naviguer dans le monde numérique de manière responsable et informée et la collaboration avec diverses institutions et organisations pour créer un réseau de soutien fort. Enfin, le développement de programmes et de ressources éducatives innovants ainsi que de compétences en leadership et en gestion de projets sont d’autres types de motivations dans mon role de Secrétaire Général au sein de cette organisation,
Quel message souhaiteriez-vous adresser à ceux qui souhaitent s’impliquer ou soutenir les initiatives de BEMI ?
Le message que je souhaite faire passer a ceux qui souhaitent s’impliquer ou soutenir les initiatives des Bénévoles de l’EMI est que « Votre engagement est essentiel pour créer un impact durable dans la lutte contre la désinformation. Ensemble, nous pouvons renforcer la pensée critique, promouvoir une utilisation responsable des médias et bâtir une communauté informée
et résiliente. Rejoignez-nous pour faire la différence ! » YAO ASSIEDOU ALEXIS KOFFI Secrétaire Générale des Bénévoles de l’EMI
Propos recueillis par Christina N’Da
